Activités humaines autour du marais

Au fil des siècles, les activités humaines sur et autour du marais ont connu de profondes évolutions.

Jusqu’aux années 1960, le marais était un lieu de vie très actif, animé par l’exploitation de la rouche, que pratiquaient les nombreux agriculteurs des villages voisins. Le marais était alors perçu comme un lieu de travail. Á cette époque, l’activité agricole n’était pas mono-spécifique (viticulture ou maraîchage) : l’élevage de bovins nécessitait de récolter la rouche pour servir de fourrage et de litière. Pour les exploitants, la fauche représentait une occasion de se retrouver malgré la dureté du travail (dans l’eau, la chaleur et les moustiques !).

À partir de 1960, les vignes se développent pour occuper toutes les hauteurs dominant le marais. Les cultures maraîchères s’emparent du Val nantais, aux dépens des pâtures qui ne subsistent plus que dans les parties les plus basses. Le marais perd alors de son intérêt, et subit une déprise qui engendre une fermeture du milieu. Parallèlement, avec le jeu des successions, le foncier se morcelle.

Une certaine renaissance agricole

 

Aujourd’hui, le marais retrouve un intérêt agricole, et des aides financières peuvent être octroyées aux agriculteurs – sous couvert de pratiques respectueuses de l’environnement. Les travaux agricoles sont mécanisés et réalisés très rapidement par quelques agriculteurs à partir de juillet. Les années sèches, il arrive qu’une deuxième fauche (le regain : c’est la deuxième pousse) ait lieu en fin d’été. Celle-ci est alors utilisée en fourrage grossier, car la rouche offre une certaine appétence pour les bêtes.

Plus de la moitié des 1 300 propriétaires possédant moins de 1 hectare ne perçoit aucune rémunération en contrepartie de la rouche fauchée sur leurs parcelles. Beaucoup ne savent même plus où se situent précisément les limites de leur propriété. En revanche, les grands propriétaires et les chasseurs utilisent leurs terrains et y tiennent. Mais tous rappellent que le marais est une propriété privée.

La fréquentation du marais est diverse suivant les activités. Les éleveurs y viennent l’été pour faucher la rouche. Les chasseurs et les naturalistes le fréquentent en hiver. Les pêcheurs à la ligne se concentrent sur les deux plans d’eau de part et d’autre du pont de l’Ouen. Les promeneurs, quant à eux, le parcourent principalement le week-end, pendant la belle saison.

Le marais est désormais un lieu de calme et de tranquillité. Les activités de loisirs ont supplanté celles du travail, attirant des populations nouvelles. Néanmoins, la volonté locale est forte de le protéger d’un tourisme de masse, de préserver son aspect « naturel » et « sauvage », tout en maintenant les activités agricoles qui permettent son entretien (fauche, pâturage).

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