La faune du marais

La richesse faunistique du marais de Goulaine est indéniable sans être exceptionnelle.
Le marais accueille en effet de nombreuses espèces, mais relativement peu d’espèces rares ou d’intérêt communautaire.

L’importance du marais est principalement liée à :

  • Sa situation « d’annexe hydraulique » de la Loire ;
  • Sa proximité avec de grands ensembles naturels, comme le lac de Grand-Lieu.

Enfin, le marais représente indéniablement un refuge pour la plupart des espèces, sur un territoire à la fois très agricole et urbain.

L’avifaune

Les caractéristiques générales des zones humides en font des lieux de reproduction, d’alimentation et/ou de refuge privilégiés pour certains groupes d’oiseaux. Le marais de Goulaine représente, suivant les observations effectuées depuis une vingtaine d’années, une zone à grandes potentialités avifaunistiques.

Pas moins de 166 espèces y ont ainsi été dénombrées, dont :

  • 85 nicheuses (certifiées ou potentielles) ;
  • 35 hivernantes (dont 24 régulières) ;
  • 96 migratrices (dont 49 régulières).

La zone humide inondée, les canaux et roselières abritent Spatule blanche, Grande aigrette, Aigrette garzette, Hérons cendré et pourpré, Garde-bœuf, Bihoreau gris, Guifettes noire et moustac, Martin-pêcheur, Grand cormoran, Marouette ponctuée, Busard des roseaux, Grèbes huppé, castagneux et à cou noir…
Les anatidés (canards de surface et plongeurs) y sont également très bien représentés, tout comme les Fauvettes paludicoles. Les saulaies accueillent les ardéidés (Hérons) en nidification dans une colonie mixte.

Le bocage de bordure est particulièrement riche en passereaux (Rossignol philomène, Pouillots divers, Mésanges…), rapaces diurnes (Bondrée apivore, Faucon hobereau, Milan noir…) et nocturnes (Effraie des clochers, Chouette chevêche, Hibou moyen-duc…).


Les poissons

Le patrimoine halieutique exceptionnel du marais de Goulaine réside dans la position du site en annexe de la Loire. Celle-ci en faut un site intéressant de reproduction pour différentes espèces vivant en Loire, et qui ont besoin de zones inondables calmes pour se reproduire.

Au total, 17 espèces de poissons ont été inventoriées, dont 3 disposent d’un statut particulier car classées vulnérables sur la liste rouge nationale :

  • La Bouvière, moyennement abondante dans le marais, a la particularité de pondre ses œufs dans les moules d’eau douce ;
  • Le Brochet, espèce emblématique de la vallée de la Loire, est bien présent avec 30 % de la biomasse piscicole (en règle générale, les carnassiers ne représentent pas plus de 20 % de la biomasse totale). Il apprécie particulièrement les prairies inondables pour sa reproduction ;
  • L’Anguille ne représente que 2 % de la biomasse totale, ce qui est très faible pour ce type de milieux, pourtant très favorable au développement de l’espèce. Le principal obstacle est lié aux ouvrages sur la Goulaine, qui entrave la remontée des civelles vers le marais, et à une situation en Loire qui se dégrade (pollution, surpêche…).

Dans l’ensemble, le peuplement piscicole du marais de Goulaine apparaît comme diversifié et conforme au peuplement théorique de ce type de milieux.


Les mammifères

Des populations importantes de Ragondins et Rats musqués, deux espèces invasives originaires du continent américain, peuplent le marais de Goulaine. Ces deux espèces considérées comme nuisibles font l’objet de régulation par piégeage. En effet, les rongeurs creusent des galeries dans les berges des canaux et provoquent de nombreux effondrements. Ils véhiculent également des maladies (la leptospirose, notamment). La prédation du rat musqué sur les couvées n’est pas non plus négligeable.

Le Campagnol amphibie, espèce indigène, semble se maintenir. Un Castor avait élu domicile sur le marais en 2003/2004, mais n’a pas été revu depuis. Une épreinte de Loutre a été découverte en 2005. Ces deux dernières espèces sont protégées et sont présentes en Loire.

Les autres mammifères observés ne sont pas aquatiques, et fréquentent essentiellement le marais en période estivale (exondation). Les ongulés sont représentés par les Chevreuils et Sangliers. Pour ce qui est des prédateurs ou omnivores, le Putois, le Renard, la Genette d’Europe (protégée) et le Blaireau d’Europe sont bien représentés. L’Hermine, le Belette ou la Fouine sont en revanche moins abondants. Enfin, la Martre est exceptionnellement présente. Le Lapin de garenne et le Lièvre d’Europe sont présents mais peu abondants.

Les micromammifères et les chauves-souris n’ont fait l’objet d’aucun recensement mais sont bien présents.


L’entomofaune

Odonates
Pas moins de 39 espèces d’odonates (libellules) sont recensées sur le marais.
L’Agrion de mercure est une espèce d’intérêt communautaire, inscrite à l’annexe II de la directive « Habitat-Faune-Flore », et à l’annexe II de la convention de Berne. La Leste dryade et l’Agrion mignon sont des espèces d’intérêt national.

Lépidoptères
Le marais abrite quelque 81 espèces de lépidoptères hétérocères (papillons nocturnes) et 48 espèces de lépidoptères hétérocères (papillons de jour).
Plusieurs espèces remarquables sont à noter. Le Damier de la Succise (ou Damier des marais) est une espèce prioritaire, inscrite à l’annexe II de la directive « Habitat-Faune-Flore », à l’annexe II de la convention de Berne et protégée au niveau national. L’Écaille chinée est une espèce prioritaire, elle aussi inscrite à l’annexe II de la directive « Habitat-Faune-Flore ».
Le marais sert également de refuge à quelques espèces qui se raréfient en France : la Noctuelle de la Massette, la Suivante, la Trachée de l’Arroche et la Demie-Lune blanche.

Hétéroptères et coléoptères aquatiques
15 espèces d’hétéroptères aquatiques et 32 espèces de coléoptères aquatiques sont également présentes.
Globalement, ce sont les abords du marais qui abritent la plus grande richesse en invertébrés. Ceci s’explique par la diversité des milieux naturels (mares périphériques, fossés et douves abritées, boisements, bocages, prairies…). La mauvaise qualité de l’eau, l’envasement important, les rives abruptes et la rareté de la végétation aquatique sont autant de raisons pouvant expliquer la pauvreté entomologique au sein des canaux principaux.

Batrachofaune
Pas moins de 9 espèces de batraciens, toutes protégées en France, sont présentes sur le site :

  • Le Triton crêté, seule espèce reconnue d’intérêt communautaire ;
  • La Rainette verte ;
  • Le Pélodyte ponctué ;
  • La Grenouille agile ;
  • La Grenouille rieuse ;
  • Le Triton palmé ;
  • Le Crapaud commun ;
  • La Salamandre tachetée.

Herpétofaune
Sur l’espace du marais, 6 espèces de reptiles ont été inventoriées :

  • Le Lézard vert ;
  • Le Lézard gris ;
  • La Couleuvre d’Esculape ;
  • La Couleuvre à collier ;
  • La Vipère aspic ;
  • L’Orvet.

Toutes ces espèces sont protégées au niveau national et classées à surveiller (arrêté ministériel du 22/07/93, Journal Officiel du 09/09/93).

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