La flore du marais

Au sein des différents écosystèmes constituant le marais, s’épanouit une flore à la fois typique des milieux humides et d’une grande variété.

Les douves et canaux

Le réseau hydraulique primaire du marais s’incarne dans la Goulaine, qui coule sur une dizaine de kilomètres à l’intérieur du marais. Le réseau secondaire, d’une quarantaine de kilomètres, se compose de douves et de canaux. Le réseau tertiaire, d’environ 70 km de long, est formé du « petit chevelu » constitué de petits canaux et fossés. Au total, une quarantaine de kilomètres restent en eau toute l’année.

Le dévasage du réseau hydrographique constitue un enjeu prioritaire. Les techniques d’entretien privilégient un entretien régulier de type « vieux fonds – vieux bords ».

  • Habitat : mégaphorbiaie eutrophe
  • Espèces : Renoncule grande douve (protection nationale), Gesse des marais, Pesse d’eau, Petit nénuphar (protection régionale).
  • En bordure des douves : Plantain d’eau, Jonc fleuri, Œnanthe aquatique, Sagittaire…

La roselière et les prairies inondables

Comme dans tous les marais inondés en hiver et asséchés en été, la biodiversité végétale est assez réduite. En effet, peu d’espèces supportent l’alternance inondation / assèchement. La rouche est constituée de grandes hélophytes, communément appelés roseaux. Cette espèce figure parmi les mieux adaptées aux variations des niveaux d’eau et à l’exploitation agricole. La fauche de la roselière et des prairies inondables constitue l’activité principale permettant le maintien d’une zone humide accueillante pour de nombreuses espèces, notamment les frayères à brochets. La roselière de Goulaine représente 80 % de la zone inondable.

  • Habitat : mégaphorbiaie eutrophe
  • Espèces partie centrale du marais : Grande glycérie, Baldingère, Phragmite commun…

La saulaie

Sans fauche, la roselière se boise avec le développement des saules, qui « moutonnent » le paysage par leur aspect. L’extension de la saulaie depuis les années 1960 témoigne d’un abandon progressif du marais par l’exploitation agricole. Toutefois, à la fin des années 1990, un certain renouveau agricole a permis de limiter son expansion.

La saulaie est aujourd’hui particulièrement développée dans les secteurs où la propriété est très morcelée, et les parcelles peu accessibles aux engins lourds utilisés par les agriculteurs. Cet environnement se révèle particulièrement propice à la nidification des ardéidés (Hérons).

  • Espèces : Saule blanc, Saule marsault, Saule roux, Saule cendré.

Le bocage périphérique (700 ha)

La végétation des prairies périphériques est plus diversifiée que celle de la roselière. En effet, le gradient hydrique, les sols et l’exploitation agricole y varient davantage selon les parcelles. Mais l’entretien de ce bocage, constitué de prairies, de mares, de haies, de talus, de taillis, de fossés et de chemins, semble en régression. Il en résulte une certaine banalisation de la flore et une fermeture progressive du milieu. Cette zone recèle malgré tout une diversité biologique importante, plus riche même que la zone inondable.

  • Espèces prairies hygrophiles à mésohygrophiles : Agrostis des chiens, Stellaire des marais (protection régionale), Cardamine à petites fleurs, Renoncule à feuilles d’Ophioglosse (protection nationale pour ces deux dernières), Fitillaire pintade (protection régionale), nombreuses Orchidées…
  • Espèces prairies mésophiles à xérophiles : Céraiste vulgaire, Lotier, Tormentille, Minette, Genêt des teinturiers, Oseille…

Les haies des prairies bocagères sont dominées par le Chêne pédonculé, le Frêne commun, le Frêne oxyphylle et le Saule blanc.

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