Hier et aujourd’hui

Le marais de Goulaine est situé à 15 km au sud-est de Nantes, au cœur du Vignoble Nantais (appellation Muscadet), dans le département de Loire-Atlantique. Il s’étend sur cinq communes : Haute-Goulaine, Le Landreau, Le Loroux-Bottereau, Saint-Julien de Concelles et La Chapelle-Heulin.

Historique du Marais

Formation géologique

La formation géologique du maraisAu début de l’ère tertiaire, le secteur est pratiquement nivelé au niveau de la mer. Seule résiste à l’érosion une petite crête de serpentinite et d’amphibolite à l’emplacement de la Butte de la Roche.
À l’époque du soulèvement alpin, le vieux socle est rajeuni et surélevé d’une trentaine de mètres, sauf à l’emplacement des marais actuels. Ces dépressions tectoniques attirent le réseau hydrographique.
Les variations du niveau des mers provoquent une alternance de remblais des dépressions par les alluvions et de profonde érosion par le réseau hydrographique. Mais la crête d’amphibolite et de serpentinite résiste à l’érosion, provoquant ainsi l’étranglement de la cuvette des marais.
(d’après André Guilcher, in Bull Soc. ac. nat. de l’ouest, 1946-1947)


Préhistoire, Antiquité et Moyen-Âge

Les premières traces d’activités humaines sur les bords du marais datent du Néolithique. Son exploitation semble toutefois avoir commencé lors de l’occupation romaine au Ier siècle avant Jésus-Christ : le marais était alors directement ouvert sur la Loire, et servait pour les échanges commerciaux entre les communes riveraines.

Après avoir appartenu au pays des Pictons (dont la capitale était Poitiers), le marais fut rattaché au Duché de Bretagne en 845. Le château de Goulaine, édifié au XVe siècle en bordure du marais, fut l’une des pièces de la ligne de châteaux construits pour défendre le duché.


Époque moderne

Les premiers aménagements du marais en lui-même datent du XVIIe siècle, sous l’impulsion des marquis de Goulaine. Ceux-ci réalisent les premiers aménagements, notamment la canalisation de la Goulaine jusqu’à la Loire (l’exutoire naturel du marais), pour accélérer l’écoulement de l’eau et permettre l’exploitation agricole des terres. Ces travaux ont très peu modifié la nature sauvage du marais.

En 1825, un four à chaux est construit près du port du Montru, sur la commune de La Chapelle-Heulin en 1825. Le calcaire est extrait à Liré (Maine-et-Loire), puis acheminé par barque sur la Loire et les canaux du marais. La chaux permet l’amendement des landes environnantes aux terres acides : les agriculteurs parcourent parfois 20 km pour venir exploiter les terres. Chaque commune dispose alors d’un port sur le marais, d’où partent des barques à fond plat transportant vin, céréales, chaux, rouche (jeune roselière fauchée) et denrées diverses.

En 1830, sous l’égide du premier syndicat, les travaux hydrauliques reprennent : des douves latérales sont notamment créées, pour faciliter l’exondation du marais et l’exploitation des prairies humides à la belle saison par fauche et pâturage de la rouche. Des saules sont plantés pour délimiter les parcelles.


Époque contemporaine

L’artificialisation du paysage prend toute son ampleur à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, avec la création d’ouvrages hydrauliques (digue de la Divatte en bord de Loire, vannes de Basse-Goulaine et d’Embreil). Ces ouvrages permettent de contrôler les niveaux d’eau en fonction des saisons, des activités humaines et des besoins écologiques. Mais ils ont mis fin aux échanges commerciaux par voie d’eau entre les ports du marais et la Loire : c’est l’agriculture, et notamment la coupe de la rouche, qui a donné au marais son aspect actuel.

Dans la seconde moitié du XXe siècle, le développement de la viticulture sur le bassin versant a conduit au déclin de l’activité agricole sur le marais. Cette évolution a mené à une hausse des surfaces en friche : en effet, les 1 300 propriétaires des 1 700 parcelles recensées sur le cadastre de ce marais privé ne prennent plus le temps d’entretenir leur terrain.

On observe également une banalisation et une dégradation de la qualité du milieu. Deux raisons principales expliquent ce phénomène :

  • Le manque d’entretien par les propriétaires
  • Une mauvaise qualité de l’eau, notamment en période estivale (envasement, pollution de l’eau), liée à l’impact des activités humaines sur ce bassin versant dynamique : agriculture, urbanisation, etc.

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